Un point de programme est commun aux élèves de 3e en Français et aux élèves de 1e en spécialité HLP : les discours engagés. Une liaison a donc été organisée entre les 3e4 de Mmes Le Gouill et Morillon du collège Gaspard Malo et les 1e spécialité Humanité, Littérature et Philosophie de Mmes Grassien et Rousseau du lycée Angellier.
Les collégiens ont commencé par analyser des discours engagés célèbres, entre autres les discours sur la misère de Victor Hugo, le droit à l’IVG de Simone Veil, l’abolition de la peine de mort de Robert Badinter, l’éducation des enfants de Malala Yousafzai, HeforShe d’Emma Watson, et l’inaction climatique de Greta Thunberg.
Les élèves ont repéré que tous les discours proposaient une accroche, un but clair, des arguments étayés d’exemples, une conclusion ouverte.
Ils ont su repérer quelques techniques littéraires comme l’utilisation d’anaphores, d’antithèses, d’énumérations, de syllogismes, de questions rhétoriques ;
ainsi que des techniques oratoires, telles que la voix douce ou autoritaire, la détermination, les pauses, le regard.
Chaque binôme a ensuite choisi un sujet qui lui tenait à cœur.
Alors que les lycéens ont écrit entièrement leur discours après avoir effectué des recherches, les collégiens ont utilisé l’IA. Ils ont pu travailler avec celle qu’ils voulaient. La majorité a utilisé Chat GPT mais ont aussi été essayées Yiaho ou Microsoft Copilot puisqu’elles sont gratuites et parfois intégrées aux moteurs de recherche.
Ils ont été libres de la rédaction de leur prompt. Ils se sont vite aperçus que plus ils guidaient l’IA, meilleure était la réponse apportée. Ils ont ensuite retravaillé leur texte hors IA afin de le rendre plus personnel.
Cependant ils ont eu du mal à se détacher du premier écrit proposé par l’IA et, parfois, ont renoncé à intégrer de nouveaux éléments pour ne conserver peu ou prou que la réponse initiale. Quels éléments reprendre, lesquels abandonner, comment faire sien un texte autre ? Ce seront des points à revoir (voir exemples des textes de Zélie et Noa, de Pacôme et Maël).
Le travail final a été d’incarner ce discours. Ils se sont réparti la parole et ont mis le texte en voix, en silence, et en présence. Certains groupes ont eu plus de facilité que d’autres. Les élèves ont vu très rapidement que la capacité d’écoute de leurs camarades était meilleure s’ils mettaient en place les techniques oratoires préalablement repérées et réussissaient à appliquer les conseils prodigués.
Une rencontre a eu lieu au lycée Angellier le vendredi 6 mars 2026.
Après un rappel par Mme Grassien, sur la rhétorique, l’art de persuader par la parole [Inventio (docere, idées, instruire), Dispositio (argumentation, organisation), Elocutio (style), Memoria (Mémoire), Actio (voix, diction, gestuelle)], nous avons assisté à trois discours de collégiens et trois de lycéens.
Zélie et Noa
Le bilan par les 3e est que les discours travaillés par les lycéens étaient de bien meilleure qualité. L’intelligence artificielle ne permet pas d’obtenir un résultat aussi brillant que l’intelligence humaine. L’objectif de persuader par les sentiments a été davantage atteint par l’humain que par la machine. Les textes des 1e étaient plus personnels donc plus touchants. D’autre part, les exemples étaient bien plus précis dans les textes des 1e que dans ceux des 3e. Il faut donc être très directif pour guider l’IA qui n’arrive pas toujours à rendre compte de ce qui est attendu. En revanche, les 3e ont reconnu que l’écriture du discours leur aurait demandé du temps et des efforts, l’IA est en cela tentante pour les collégiens.
Maëlys et Louise
En conclusion, les 3e étaient fiers de leur prestation orale qui n’avait rien à envier à celles des 1e. Leur travail personnel a payé.